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La corniche PDF Imprimer
 

 

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La corniche supporte le chéneau qui recueille les eaux pluviales de la toiture et protège le haut de la façade d’une humidification excessive. Au-delà de cette fonction technique, elle achève la composition architecturale et souligne la continuité de l’enfilade des maisons de la rue.

Eloignée du regard et peu accessible, la corniche est un élément architectural dont on oublie presque l’existence. C’est pourquoi, malgré l’importance de son rôle, elle souffre souvent d’un manque d’entretien.

Un peu d'histoire

A Bruxelles, l’usage de la corniche ne se généralise qu’au XVIIIe siècle avec l’abandon de la façade à pignon. Durant cette période marquée par le classicisme, la corniche s’inspire étroitement de l’architecture antique. Malgré les variantes infinies apportées au dessin des façades par la vogue des styles historiques au XIXe siècle, ce modèle classique demeure largement en usage jusqu’au début du XXe siècle.

La corniche classique se compose en général de trois niveaux:

  • la cimaise: grande moulure de la partie supérieure;
  • le larmier: niveau intermédiaire qui supporte le chéneau;
  • les consoles, modillons, denticules: éléments de décors qui assurent une liaison visuelle entre le larmier et le plan vertical de la façade
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Structure d’une corniche classique en bois

(Col. AAM, Bruxelles)

a. cimaise avec moulure en doucine
b. chéneau recouvert de zinc
c. larmier
e. modillon
f. blochet
g. sablière
h. chevron
i. mur de façade

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Sous la corniche se développe la frise percée à intervalles réguliers de trous de boulins permettant la fixation d’échafaudages. Ils sont souvent fermés par de petits couvercles décoratifs à motif étoilé, en pointe de diamant ou à tête de lion…

Photo rue du Mont-Blanc 29 – (photo AAM, Bruxelles)

 

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Modèle de couvercle de boulin en fonte

(Fonderie Nestor Martin. Succursales à Molenbeek Saint-Jean. Album des Articles de Bâtiments et de Jardins, 1911). Col. AAM, Bruxelles.

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Autour de 1900, certains architectes Art nouveau réinterprètent complètement la forme de la corniche: elle forme une large saillie au-dessus de la façade, adopte un dessin ondoyant et repose parfois sur des consoles en fer forgé… Elle abrite souvent des sgraffites (technique de fresque décorative) ou des décors en céramique qui animent le haut de la façade. Dans l’entre-deux-guerres, la corniche reste un élément de composition important des façades Art Déco.

Photo rue Saint-Quentin 30 et 32, Gustave Strauven, 1899 (Photo. AAM, Bruxelles)

 

 

L'entretien de la corniche

La corniche se compose d’un ouvrage de menuiserie habituellement en pin. Elle est supportée par les “blochets”, pièces réalisées de préférence en chêne et ancrées à intervalles réguliers dans le haut du mur de façade. L’étanchéité du chéneau est en géneral assurée par un revêtement de zinc.

 
Assurer l’étanchéité du chéneau

Une étanchéité déficiente entraîne rapidement des dégâts importants: humidification du mur de façade, dégradation des enduits. Si la situation persiste, les pièces de bois en contact avec le mur risquent de pourrir: base de la charpente du toit, plancher des combles…

Une fois par an, à la fin de l’automne, le chéneau sera débarrassé de tous les débris (gravats, mousses, feuilles…) qui pourraient obstruer les descentes d’eau pluviale. L’étanchéité et la pente du chéneau seront vérifiées: apparition de taches d’humidité sous la corniche, présence de flaques dans le chéneau…
S’aventurer sur une toiture ou sur une corniche nécessite un équipement de sécurité approprié. Des entreprises spécialisées proposent des contrats d’entretien.
S’il ne peut être réparé localement (fuites multiples, déformations empêchant un bon écoulement…), le revêtement sera remplacé.
La première opération consistera à enlever les anciennes couches d’étanchéité. La pente du chéneau sera ensuite corrigée avant la pose d’un nouveau revêtement de zinc. L’emploi de couches d'étanchéité asphaltiques n’est pas conseillé pour les corniches car elles sont peu adaptées au recouvrement de petites surfaces aux formes complexes.

Préserver la menuiserie

L’usage des “échelles de corniche” qui permettaient de rafraîchir périodiquement à peu de frais la peinture de la menuiserie n’est plus de mise aujourd’hui pour des raisons de sécurité. La remise en peinture de la corniche nécessitera donc l’installation d’un échafaudage complet et sera effectuée en parallèle avec d’autres travaux d’entretien de la façade. L’entretien des menuiseries étant moins fréquent, la qualité du travail de préparation et de mise en oeuvre de la peinture sera d’autant plus importante. La peinture elle-même devra présenter une perméabilité suffisante à la vapeur d’eau afin de permettre une bonne évacuation de l’humidité éventuellement contenue dans le bois. Le choix du blanc ou d’une teinte claire permet de valoriser le jeu subtil de l’ombre et de la lumière sur les ornements et la mouluration de la corniche classique. L’Art nouveau et l’Art Déco ont fait appel à des couleurs plus variées. Une étude des anciennes couches de peinture (stratigraphie) permettra d’orienter le choix de la teinte.

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Décapage thermique avant remise en peinture.

 

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À éviter! L'habitude de recouvrir une corniche de petites lattes de PVC, au lieu de la repeindre, appauvrit l’aspect de la façade et constitue aussi une erreur technique. Un défaut d’étanchéité ne sera décelé qu’avec retard, tandis qu’une mauvaise ventilation favorisera le pourrissement du bois.

(photo AAM, Bruxelles)

 

Réparation ou remplacement?

Le remplacement de la corniche s’impose rarement. Le renouvellement de certaines pièces se révèle souvent suffisant. Les moulures qui composent les corniches traditionnelles sont encore disponibles chez quelques fournisseurs de bois spécialisés. A partir de ces éléments, un bon menuisier pourra mener à bien la réfection de votre corniche dans le respect du caractère de la façade.

Rappelons que toute modification de l’aspect de la façade nécessite au préalable l’obtention d’un permis d’urbanisme.

 

Pour trouver un menuisier-charpentier, consulter le répertoire des métiers du patrimoine architectural.

Lectures utiles

Collection l’Art dans la Rue:

Bois et métal dans les façades à Bruxelles, Fondation Roi Baudouin et Archives d’architecture moderne, Bruxelles, 1997.

Carnet d’entretien, Le Bois, Fondation Roi Baudouin et Région de Bruxelles-Capitale, 1997.

 

Avec le soutien de la Région de Bruxelles-Capitale et Bruxelles Environnement

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