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Châssis de fenêtre ancien: conservation et amélioration PDF Imprimer
 
Le regard de la façade
Les fenêtres font pénétrer la lumière, offrent des vues vers l’extérieur, permettent l’aération, protègent de la pluie, du vent, du froid, de la chaleur, du bruit... Au-delà de ces fonctions pratiques, elles participent à la composition de la façade par leurs formes, leurs divisions, la mouluration de leurs profils, mais également par les qualités particulières de leurs vitrages: verre soufflé, glace biseautée, verre coloré, verre imprimé, vitrail... À l’intérieur, les fenêtres déterminent notre perception du monde environnant et participent à l’ambiance de l’habitation.
Un patrimoine à préserver
L’histoire de la fenêtre à Bruxelles reste encore en partie à écrire alors que des jalons de cette évolution disparaissent tous les jours lors de travaux de rénovation. Les fenêtres d’avant 1850 constituent des témoins rares et précieux antérieurs au début de la mécanisation des ateliers. La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, qui coïncident avec l’expansion de la ville, représentent une période d’apogée dans l’histoire de la fenêtre en bois.
 
 
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1) Traité comme un tableau, ce projet moderniste donne le premier rôle aux fenêtres à petits-bois dans l’organisation de la façade. Maison de Mme Petrucci, Ixelles, rue De Praetere 18, J.-J. Eggericx, 1925, coll. AAM.
2) Fenêtres à deux ouvrants surmontés d’une imposte fixe. Des petits-fers divisent les ouvrants en fonction du format courant des vitrages. Ixelles, rue de Venise 21, vers 1875.
3) La fenêtre définit l’ambiance lumineuse de l’habitation et guide nos regards vers l’environnement extérieur. Porte-fenêtre d’esprit Art nouveau. Koekelberg, vers 1900.
 

Le châssis de fenêtre en bois

Matériaux et technique
Les châssis de fenêtre anciens sont le fruit de la rencontre entre différents métiers: ceux du menuisier, du serrurier, du verrier et du vitrier. Les matériaux qui les composent sont les témoins précieux de savoir-faire pour la plupart oubliés aujourd’hui. Recherches sur les profils du châssis et ses modes d’ouverture, perfectionnement des ferrures et des vitrages..., plus de 500 brevets concernant les fenêtres avaient déjà été délivrés en Belgique avant 1914 !
Jusqu’aux environs de 1850, la fabrication des châssis reste essentiellement manuelle. À la fin du XIXe siècle les machines apparaissent dans les ateliers. En facilitant le travail de l’artisan, elles multiplient les possibilités décoratives. Dans les années 1960, l’utilisation de nouvelles machines va de pair avec une standardisation de plus en plus forte du châssis en bois. Alors que dans le châssis traditionnel chaque pièce est spécialisée, aujourd’hui, quel que soit le matériau utilisé, le châssis est formé seulement de deux profils de base.
 
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1) Verre imprimé et coloré dans l’imposte d’une fenêtre à guillotine. Anderlecht, rue Dr. Jacobs 71, vers 1920.
2) Crosses de portes et pompes de fenêtres (Paul Hankar, hôtel Zegers-Regnard, Bruxelles, 1894, coll. MRAH/photo AAM). 
3) Réalisation du profil extérieur d’un jet d’eau à la toupie. Les anciennes machines sont indispensables pour tout travail de restauration (atelier Henk Lutjeharms). 
Entretenir, restaurer
Réalisés avec soin dans des bois de qualité, les châssis de fenêtre traditionnels possèdent une durée de vie exceptionnelle, à condition de bénéficier d’un entretien régulier. Ils sont composés de pièces assemblées à l’aide de chevilles de bois ou de vis, mais ils ne sont pas collés. Cette conception modulaire les rend entièrement démontables et autorise toutes sortes de réparations. De nombreux châssis posés il y a plus de cent ans sont encore en bon état et parfaitement fonctionnels.
 
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1) Entretenus régulièrement, ces châssis de fenêtre en chêne verni sont encore en parfait état après cent ans. Schaerbeek, place des Chasseurs ardennais 15, vers 1910.
2) Le manque d’entretien des solins de mastic et le choix d’une peinture non-respirante provoquent une humidification excessive du bois qui entraîne des dégradations.
3) Remplacement d’un jet d’eau en atelier (atelier Henk Lutjeharms).
Améliorer les performances
L’impact des fenêtres sur les consommations d’énergie est proportionnel à la surface qu’elles occupent dans la façade. Or, dans les bâtiments anciens, ces surfaces sont souvent moins importantes que dans les immeubles plus récents. L’évaluation des performances des fenêtres doit également tenir compte des éléments qui les complètent pour assurer notre confort: volets, rideaux, tentures... Une large palette d’interventions permet de conserver les fenêtres existantes tout en améliorant leurs performances thermiques et acoustiques.
 
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Techniques d’amélioration des performances thermiques et acoustiques des fenê- tres existantes (dessins P. et J. Bertrand).

Techniques qui préservent le vitrage d’origine:
a) survitrage
b) pose d’un second châssis

Techniques qui entraînent le remplacement du vitrage d’origine :
c) pose d’un simple vitrage épais, feuilleté, à basse émissivité...
d) pose d’un double vitrage
 

Le châssis de fenêtre métallique

A la fin du XIXe siècle, le développement de la production du verre en grande surface permet la création de portes formées d’une structure ajourée en tôle et en fer forgé placée devant un vitrage. 
 
Importé d’Angleterre dans les années 1920, le châssis en acier devient rapidement un des fleurons de l’industrie métallurgique belge. Associés à la fenêtre horizontale, ses minces profils contribuent aux lignes épurées de l’architecture moderniste.
 
La production des menuiseries métalliques est abandonnée après les années 1950. Ces éléments peuvent souvent être restaurés. Les techniques d’amélioration des performances présentées pour le châssis en bois sont souvent applicables aussi au châssis en acier.
 

Remplacer si nécessaire

Si les fenêtres existantes ne peuvent être réparées ou améliorées, leur remplacement doit être envisagé. La pose de fenêtres actuelles très isolantes dans un bâtiment ancien ne peut cependant être décidée sans une réflexion globale sur l’isolation et la ventilation. Sans ces mesures complémentaires, le changement de châssis peut provoquer des problèmes de gestion de l’humidité dans le bâtiment.
 
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L’intérêt du remplacement de châssis doit être mesuré en tenant compte de l’impact environnemental de la production de nouveaux châssis de fenêtre et de l’élimination des anciens.

Faut-il un permis d'urbanisme?

Le remplacement des châssis de fenêtre n’est pas soumis à l’obliga- tion d’introduire une demande de permis d’urbanisme à condition que l’aspect architectural du bâtiment ne soit pas modifié. Ceci implique notamment : le maintien des formes initiales, des cintrages, des divisions... L’utilisation du même matériau est évidemment souhaitable. Si le bâtiment est protégé, une demande de permis est tou- jours obligatoire. En pratique, la standardisation des châssis actuels rend problématique leur intégration dans une façade ancienne.
 
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1) La façade de droite a conservé ses châssis d’origine, celle de gauche est équipée de châssis actuels tout à fait inadaptés: non respect des divisions. Photo Ph. De Gobert © CRMS.
2) Châssis réalisés selon les techniques actuelles, mais dont l’aspect extérieur est proche de celui des châssis anciens. Forest, avenue Molière, Atelier d’Architecture du Congrès – Frédéric Hossey.
3) Réalisation d’une copie d’un châssis du début du XIXe siècle selon les techniques de la menuiserie traditionnelle (atelier Willy Dupont).
 
 
Pour vous aider dans vos recherches de corps de métiers, consultez le Répertoire des métiers du patrimoine.
 

Avec le soutien de la Région de Bruxelles-Capitale

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