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Contrat de quartier: mode d'emploi

 

Qu'est-ce qu'un contrat de quartier?
Comment s'élabore un contrat de quartier?
Comment participer à l'élaboration d'un programme de Contrat de quartier?
Comment suivre la mise en oeuvre du programme de Contrat de quartier?
Le programme peut-il être modifié en cours de route?
Quelles sont les opérations prévues dans les 5 volets des Contrats de quartier?
Adresses utiles

 

Qu'est-ce qu'un contrat de quartier?

Les Contrats de quartier sont des programmes de revitalisation initiés par la Région de Bruxelles-Capitale, menés dans différents quartiers fragilisés en partenariat avec les communes. Ces programmes prévoient différentes opérations au sein d’un même quartier, à réaliser sur une période de 4 ans (avec un complément de 2 ans pour terminer les derniers chantiers).

Ces différentes opérations consistent en:

* la réhabilitation de logements existants,
* la création de nouveaux logements,
* la réhabilitation ou la création d’espaces réservés aux activités artisanales et industrielles, complémentaires à une opération de logement
* le réaménagement des espaces publics,
* la création ou le renforcement d’infrastructures et d’équipements de quartier, qu’ils soient socio-culturels, sportifs ou autres,
* la mise en place d’initiatives sociales et participatives pendant la durée du Contrat de quartier.

Tout cela dans des périmètres clairement délimités.

Ces opérations se répartissent en 5 parties distinctes,
intitulées les 5 «volets» des Contrats de quartier:

* les volets 1, 2 et 3 concernent le logement,
* le volet 4 concerne l’espace public,
* le volet 5 est le volet social.

Les opérateurs chargés de la mise en oeuvre du programme sont la commune, le CPAS, tout organisme d’intérêt public comme par exemple le Fonds du Logement, ou encore une asbl.

Attention, il y a 2 étapes bien distinctes:

* la période de préparation, qui dure 9 mois, pendant laquelle est élaboré le programme,
* la période de mise en oeuvre du programme, qui dure 4 ans (+ supplément éventuel de 2 ans pour terminer les derniers chantiers).

Les objectifs poursuivis consistent à:

* Remédier à la dégradation de certains quartiers.
* Concentrer plusieurs opérations dans un même quartier pour renforcer leur impact et créer de nouvelles dynamiques.
* Intervenir sur les différentes composantes du quartier: le bâti, les espaces publics, les infrastructures et les équipements de quartier, les initiatives économiques et sociales.
* Associer activement les habitants et les usagers du quartier dès le départ, pour mettre en évidence les besoins et dégager les priorités.

Dans les périmètres de Contrat de quartier, les montants de primes à la rénovation de l’habitat et à l’embellissement des façades sont majorés.

Comment s'élabore un contrat de quartier?

Chaque année, en fonction des moyens financiers disponibles, le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale dresse la liste des quartiers qui peuvent bénéficier d’un Contrat de quartier. Pour cela, il prend en compte l’état de délabrement des immeubles et des espaces publics au sein du quartier, la présence d’immeubles inoccupés et de friches, ou encore de logements mal équipés, ainsi qu’une série d’indicateurs sociaux comme par exemple le nombre de chômeurs et de minimexés.

Ensuite, pour chaque Contrat de quartier, un programme est élaboré directement par la Commune ou par un bureau d’étude si la commune lui confie cette tâche. Mais pour établir un programme qui réponde au mieux aux besoins du quartier, la commune se basera sur la participation des personnes qui vivent, travaillent et fréquentent le quartier afin de recueillir leurs avis. C’est pourquoi, avant d’arrêter un programme définitif, la commune établira une étude de base et un projet de programme, qui seront tous les 2 élaborés en collaboration avec les personnes du quartier lors d’Assemblées générales de quartier et de réunions de la Commission Locale de Développement Intégré (la CLDI).

L‘étude de base consiste principalement à relever la situation existante et à dégager les priorités.

Le projet de programme décrit de manière détaillée l’ensemble des opérations qui seront réalisées. Pour pouvoir être réalisée, une opération doit obligatoirement être reprise dans le programme!

Composition de l’étude de base:
* situation existante de fait: relevé de l’état « physique» du quartier
* situation existante de droit: relevé des plans particuliers d’aménagement, des prescriptions urbanistiques et des permis demandés
* analyse par thème et diagnostic: «vitalité» sociale et économique du quartier
* priorités à mettre en oeuvre pour l’élaboration du programme

Composition du projet de programme / du programme:
* plan du périmètre, avec localisation des différentes opérations
* mention des opérations immobilières publiques et privées subventionnées, au cours des dix dernières années
* liste des immeubles et de leurs occupants éventuels, concernés par les différentes opérations
* description des acquisitions et travaux à réaliser pour chaque opération
* schéma directeur précisant la nature des opérations et le calendrier annuel de leur réalisation
* description des mesures d’accompagnement du volet social
* plan financier établi sur 4 ans
* rapport sur la situation et l’évolution du marché immobilier, accompagné des mesures destinées à éviter la spéculation
* programme de sauvegarde du patrimoine immobilier.

Non seulement la commune vous informera du contenu de l’étude de base et du projet de programme, mais vous pourrez également collaborer avec elle pour définir les priorités et réfléchir au contenu même du programme.

Comment participer à l'élaboration d'un programme de Contrat de quartier?

La commune a 9 mois (de janvier à septembre en général) pour établir un programme. A cette fin:

1° elle convoquera rapidement une première Assemblée Générale de quartier, ouverte à tous, qui désignera les représentants du quartier à la CLDI: au minimum 8 habitants, ainsi que 2 personnes issues des secteurs économiques, scolaires et associatifs.
2° elle mettra sur pied dans les 2 mois la CLDI et précisera son fonctionnement dans un Règlement d’ordre intérieur.
3° elle organisera une enquête publique

L’Assemblée Générale de quartier

La première Assemblée doit permettre à la commune d’informer les personnes du quartier du démarrage du programme et d’entamer le dialogue avec celles-ci, afin de mettre en évidence les atouts et les problèmes du quartier et de dégager des priorités à mettre en oeuvre pour l’élaboration du programme.
Elle doit également permettre aux personnes du quartier de désigner ses représentants à la CLDI.

Pendant la durée de l’élaboration du programme, la commune convoquera au minimum 3 Assemblées. Les conclusions de l’étude de base relatives aux priorités à mettre en oeuvre, ainsi que le projet de programme approuvé par la CLDI, y seront présentés.

Rappelons que les Assemblées Générales de quartier sont ouvertes à tous. Elles sont un lieu d’information, d’interpellation et de discussion entre la commune, la Région, les différents opérateurs qui mettent en oeuvre le programme et les personnes du quartier.

La CLDI

La CLDI assure un suivi régulier de l’élaboration du programme. C’est un lieu d’information et de dialogue entre les différents représentants, qui doit permettre une meilleure adaptation du programme aux besoins du quartier. La CLDI est composée:

* à peu près pour moitié de représentants des Pouvoirs Publics communaux, régionaux et communautaires,
* à peu près pour moitié de représentants des habitants du quartier et du monde associatif, scolaire et économique, désignés directement par l’Assemblée Générale de quartier
* … auxquels il faut encore ajouter 1 représentant par opérateur chargé de la mise en oeuvre d’une ou plusieurs projets.

Plus précisément, au cours des 9 mois de l’élaboration du programme, la CLDI rendra un avis sur l’étude de base et sur le projet de programme. Elle se réunira au minimum 3 fois.

L’enquête publique

Après avoir été approuvé par la CLDI, et présenté à l’Assemblée Générale de quartier, le projet de programme est soumis, pendant 15 jours au minimum, à une enquête publique organisée par la Commune. Des affiches rouges annonçant l’enquête publique sont placées à différents endroits du quartier. Pendant cette période, toute personne intéressée peut consulter le projet de programme au Service Urbanisme de la commune et, soit faire part de ses remarques par écrit, soit demander, également par écrit, à être entendue par la Commission de Concertation.

La Commission de Concertation examine les remarques formulées lors de l’enquête publique et invite toute personne désirant être entendue, avant de rendre son avis. Cette Commission a été instaurée dans le cadre de la législation sur les plans et les permis d’urbanisme. Elle examine donc uniquement les projets d’aménagement des espaces publics et les projets de construction/réhabilitation des immeubles du point de vue de leur impact «physique» sur le quartier.
Il s’agit donc d’une commission où sont représentées les institutions publiques, différente de la CLDI.

Après avoir franchi ces 3 étapes, le projet de programme est approuvé par le Conseil Communal. Il est ensuite soumis pour analyse au Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale. Ce n’est qu’à partir du moment où le Gouvernement l’approuvera que le projet de programme deviendra effectif et que l’on pourra alors véritablement parler de «programme». Sa mise en oeuvre peut débuter!

Composition minimale de la CLDI

* 8 représentants des habitants du quartier
* 2 représentants du monde associatif, scolaire ou économique du quartier
* 3 représentants de la commune
* 1 représentant du C.P.A.S.
* 1 représentant de la Mission Locale
* 1 représentant de O.O.T.B (Overleg Opleidings en Tewerkstellings Projecten Brussel), s’il mène un travail d’insertion socioprofessionnelle dans le quartier.
* 2 représentants de la Région de Bruxelles-Capitale
* 1 représentant de la COCOF, Commission Communautaire Française
* 1 représentant de la VGC, Vlaamse Gemeenschapscommissie
* 2 représentants désignés par le Réseau Habitat

+ 1 représentant pour chaque opérateur chargé de la mise en oeuvre du programme.

Quels sont les pouvoirs publics représentés à la Commission de concertation?

* la commune
* la Région de Bruxelles-Capitale (service urbanisme et service monuments et sites)
* l’Institut Bruxellois de Gestion de l’Environnement (l’IBGE)
* la Société de Développement Régional de Bruxelles (la SDRB)

Cette commission entend toutes les personnes concernées par un projet (l’auteur du projet, les riverains,...) avant de rendre son avis.

Les Assemblées générales de quartier, les réunions de la CLDI et l’enquête publique sont les 3 moments importants organisés par la commune, qui vous permettront d’être informé de l’évolution du programme et d’y participer activement.

Comment suivre la mise en oeuvre du programme de Contrat de quartier?

Le délai général pour la mise en oeuvre du programme est de 4 ans (augmenté de 2 ans pour terminer les derniers chantiers).

Il s’agit d’un délai maximum, appliqué aux opérations de logement, ainsi qu’aux opérations liées à la création ou au renforcement d’infrastructures et d’équipements de quartier.
La mise en place d’initiatives sociales est limitée à la période de 4 ans.
Le délai pour les opérations liées à l’espace public est quant à lui réduit de moitié (2 ans + 1 an). La raison est simple: les pouvoirs publics gèrent les espaces publics. Les opérations peuvent donc démarrer plus rapidement, créant ainsi une amélioration visible et immédiate de l’image et de l’ambiance d’un quartier.

La CLDI suit l’état d’avancement de ces différentes opérations: démarches pour les acquisitions, contenu des avants-projets et des projets, passations des marchés pour la réalisation des travaux, contrôle des conditions d’accès aux logements, … Elle doit également donner son avis tous les ans sur le rapport administratif et financier des activités développées dans le cadre du volet social…. Elle se réunit au minimum 8 fois par an, en dehors des périodes de congé scolaire. Les représentants des habitants, du monde économique, scolaire et associatif doivent donc tenir informer les personnes du quartier de chaque opération et relayer auprès de la CLDI d’éventuelles demandes en lien avec ces opérations.

La commune doit également organiser au minimum 2 Assemblées Générales de quartier par an, en dehors des périodes de congé scolaire. Rappelons que ces Assemblées sont ouvertes à tous.

De plus, dans le cadre de la législation sur les permis d’urbanisme, les opérations les plus importantes feront l’objet individuellement d’une enquête publique (comme cela a été le cas avec le projet de programme) où toute personne qui le désire peut encore émettre un avis.

Le programme peut-il être modifié en cours de route?

Une modification du programme peut intervenir dans la 2ème année de la mise en oeuvre du programme (dans le respect de son budget total), permettant ainsi de prendre en compte des opérations imprévisibles au départ ou d’adapter des opérations programmées en fonction d’éventuels imprévus. Les modifications de programme sont abordées aux réunions de la CLDI.

Quelles sont les opérations prévues dans les 5 volets des Contrats de quartier?

La réhabilitation de logements existants et la création de nouveaux logements.

LE VOLET 1: Logements réalisés par les pouvoirs publics

Le volet 1 concerne la rénovation, la construction ou la reconstruction de logements menées exclusivement par la commune et le CPAS sur des immeubles dont elle est ou devient propriétaire (éventuellement par une procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique). Les logements ainsi réalisés sont des logements assimilés au logement social.

LES VOLETS 2 ET 3: Logements réalisés en partenariat avec le privé

Le volet 2 concerne des acquisitions ou la prise d’emphytéose de terrains et d’immeubles par la commune, afin de les assainir (si cela est nécessaire) comme terrain à bâtir. Le but est de les mettre à disposition d’investisseurs publics ou privés, à un prix inférieur à leur valeur réelle. Ils peuvent être par vente publique ou par gré à gré, après publicité par affichage durant 1 mois minimum. Les logements ainsi réalisés sont des logements conventionnés.

Le volet 3 concerne la prise d’emphytéose d’immeubles ou de parties d’immeubles par des investisseurs privés pour la réalisation de logements. Les logements ainsi réalisés sont des logements assimilés au logement social.

Remarque: en cas d’expropriation ou d’occupation rendue impossible par les travaux effectués à certains logements, les personnes qui occupaient ces logements devront être relogées dans le quartier. Un accompagnement social doit être prévu dans le cadre du volet 5.

Les espaces d’activités artisanales et industrielles:
Ces espaces doivent obligatoirement être complémentaires à une opération de logement et ne peuvent dépasser une surface de 500 m2 par opération. De plus, ils ne peuvent dépasser 20% de la surface de l’ensemble des opérations de logement reprises dans le programme.

Les conditions d’accès aux logements

* Les logements assimilés au logement social

La location de ces logements est réservée aux personnes qui répondent aux conditions d’accès au logement social: les conditions d’accès sont donc liées aux revenus et à la prise en compte d’un certain nombre de priorités comme par exemple le fait de devoir quitter un logement à réhabiliter dans le cadre du Contrat de quartier, ou le fait d’être une personne seule avec au moins 2 enfants à charge,….

Le calcul du loyer et, de manière générale, le bail, doivent également répondre à certaines règles. Ces règles sont reprises dans un règlement locatif que doit communiquer l’opérateur à chaque candidat-locataire.
De plus, un registre des inscriptions, par ordre chronologique, doit être tenu par l’opérateur.

* Les logements conventionnés

Ces logements peuvent être loués ou vendus. Dans les 2 cas, ils ne peuvent être occupés que par des ménages dont les revenus sont inférieurs à € 30.986,69 (1.250.000 BF) (des majorations sont prévues dans certains cas). En cas de location, le calcul du loyer doit respecter certaines règles. En cas de vente, le prix au m2 ne peut dépasser € 867,63 (35.000 BF).

Les volets 1 et 3 permettent la réalisation de logements assimilés au logement social. Les logements conventionnés du volet 2 sont destinés aux personnes de «revenus moyens».

Le volet 1 est mené par les pouvoirs publics. Les volets 2 et 3 sont menés dans le cadre de partenariats entre le secteur public et le secteur privé.

LE VOLET 4: Les espaces publics

Le volet 4 concerne toute les opérations liées à la création et au réaménagement des espaces publics: verdurisation d’intérieurs d’îlots, réfection ou création de voiries et de trottoirs, réaménagement de places, de carrefours, d’abords d’école, d’accès aux logements, amélioration de l’éclairage public, …

LE VOLET 5, 1ière partie:
Les infrastructures et les équipements de quartier

La première partie du volet 5 concerne la création ou le renforcement d’infrastructures et d’équipements de quartier mis à la disposition du public et de la vie collective du quartier: salle polyvalente servant de lieu de rencontre, de salle de fêtes ou de sport, équipement de cette salle ou encore espaces de jeux adaptés aux enfants ou aux adolescents, …

LE VOLET 5, 2ième partie: Les initiatives économiques et sociales

La seconde partie du volet 5 concerne la réalisation d’actions contribuant à une revitalisation sociale et économique du quartier, par le soutien d’initiatives sociales. Des projets très variés peuvent être menés, dépassant le cadre de l’aménagement du quartier pour aborder par exemple la formation professionnelle ou certains aspects de la santé en lien avec la qualité de l’habitat.

En règle générale, peut être envisagée toute action sociale visant à:

* aider au déménagement et au relogement dans le quartier des personnes occupant un immeuble à réhabiliter ou à reconstruire,
* mettre en place et favoriser la participation active des personnes du quartier à la réflexion, à l’élaboration et au suivi du programme,
* créer des emplois au profit des demandeurs d’emploi du quartier, dans le cadre notamment de chantiers gérés par des Régies de quartier,
* encourager les personnes à entretenir et rénover leur logement, notamment par le recours aux primes régionales, et la sensibilisation au petit patrimoine.

La dimension culturelle peut également être prise en compte par l’organisation de fêtes de quartier et le développement de projets pédagogiques.

Ces actions sont menées pour la plupart par des associations actives dans les quartiers.

Adresses utiles

A.A.T.L.
Administration de l’Aménagement du Territoire et du Logement
de la Région de Bruxelles-Capitale

Service Rénovation urbaine
rue du Progrès 80/1
1030 Bruxelles
02.204.21.11
fax: 02.204.15.50
renovation.urbaine@mrbc.irisnet.be

www.quartiers.irisnet.be

SRDU -Secrétariat Régional au Développement Urbain

boulevard Adolphe Maxlaan 13-17 boîte 4

1000 Bruxelles
02 500 36 36

contact@srdu.irisnet.be

www.srdu.irisnet.be

 

Mise à  jour le 17/02/2010  © Le Centre Urbain asbl - De Stadswinkel vzw

www.curbain.be - info@curbain.be
Guichet d'information: Halles St-Géry, 1 place St-Géry à 1000 Bruxelles - Tél: 02 219 40 60
Secrétariat: Boulevard d'Anvers 24 à 1000 Bruxelles - Tél: 02 227 42 69

statistiques - administration

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