Ventilation du logement selon la norme belge NBN D50-001
> Introduction
> Problèmes de condensation et de moisissures liés à un manque de ventilation du logement
> La ventilation de base
> La ventilation intensive
> La hotte
> Caves et greniers
> En conclusion
1. Introduction
La ventilation permet d’éliminer efficacement la vapeur d’eau produite dans une habitation.
Une aération intensive, en ouvrant la fenêtre pendant quelques minutes, ne permet pas de réduire le taux d’humidité de façon durable.
Ventiler correctement nécessite l’usage d’un système de ventilation qui permette de réaliser une aération modérée mais permanente de l’habitation.
Les occupants produisent une grande quantité de vapeur d’eau : 0,9 à 1,25kg de vapeur d’eau par jour et par personne !
De plus les occupations domestiques rajoutent quelques kg en plus :
- Cuisson d’un repas pour 4 personnes :
→ à l’électricité : 1 à 2 kg par jour
→ au gaz : 2 à 3 kg par jour
- Hygiène : 0,2 à 0,5 kg par jour et par personne
- Sécher le linge : 1,25 à 2,5 kg par jour
Toute cette humidité doit être évacuée afin qu’elle ne porte pas préjudice au bâtiment ainsi qu’à la santé des personnes ! |
Ventiler permet donc de :
- Evacuer la vapeur d’eau
- Evacuer les odeurs
- Apporter de l’air comburant pour les appareils à cycle de combustion ouvert (comme la cuisinière au gaz,…)
- Apport d’oxygène pour le occupants
Actuellement, la plupart des habitations sont ventilées par infiltration naturelle par les défauts d’étanchéité au droit des fentes et fissures,
cette ventilation incontrôlée entraîne des pertes énergétiques importantes.
De plus, le débit de ventilation à travers une fenêtre ouverte est 15 à 30 fois supérieur au débit nécessaire afin d’assurer une bonne qualité de l’air.
Une ventilation optimale nécessite donc une bonne étanchéité à l’air du logement ainsi qu’ un système de ventilation.
La norme belge NBN D50-001 exige que les différents locaux d’une habitation puissent être ventilés d’une manière confortable sans entraîner un risque accru d’effraction.
2. Problèmes de condensation et de moisissures liés à un manque de ventilation du logement
Les bâtiments sont de plus en plus isolés et apparaissent dès lors des désordres liés à l’apparition de moisissures et de condensation.
La pose de double vitrage amène dans de nombreux cas des problèmes de condensation sur les murs dès lors plus froids que le vitrage.
L’isolation de l’enveloppe amène également des problèmes liés à la création de ponts thermiques.
Afin d’éviter ces désordres il est important d’isoler par l’extérieur et de combiner cela avec un système de ventilation.
La condensation apparaît quand l’humidité relative (niveau de saturation de l’air en vapeur d’eau) au voisinage de la surface est de 100%.
La vapeur d’eau contenue dans l’air se condense et la surface s’humidifie en formant des gouttes.
Cette condensation apparaît au droit des ponts thermiques, les taches se localisent aux angles et endroits mal ventilés. La condensation s’accompagne souvent de moisissures !
Les moisissures apparaissent déjà avant que l'humidité relative n'égale 100%.
Ce sont des espèces présentes dans l’air, leur propagation s’effectue par des spores transportés par l’air. Ces spores germent si les conditions sont favorables :
- Apport d’oxygène suffisant
- Température stable (entre 5 et 25°C)
- Substrat adéquat (cellulose, bois, sucres, graisses,…)
- Humidité suffisante |
Le plus important est de s’attaquer à la source de production de l’humidité. Les causes sont multiples :
- Les occupants et leurs activités
- Les infiltrations d’eau, surtout si la façade est exposée aux pluies battantes, l’eau est aspirée par capillarité dans les pores du matériau ou par les fissures.
Les taches sont de forme arrondie, l’enduit intérieur pourrit, le débit d’eau est trop important pour qu’il y ait formation de moisissures.
- L’humidité ascensionnelle, elle résulte de la pression de la nappe phréatique ou de la succion capillaire de l’humidité du sol
- L’humidité de construction, la bâtiment doit être assez chauffé et ventilé pendant la période qui suit sa mise en service.
Comment éviter ces problèmes de condensation et de moisissures ?
- Avoir des températures de surface élevées
Pour cela il faut réaliser une isolation sans ponts thermiques donc isoler par l’extérieur
c’est la solution idéale mais cette solution est onéreuse.
Il faut chauffer le logement, notez que dans les angles il y a moins d’échanges.
Eviter de placer des armoires contre des parois froides !
- Limiter le taux d’humidité de l’air intérieur
Pour cela il faut limiter la production de vapeur d’eau :
- Évacuer rapidement l’humidité vers l’extérieur (hotte, ventilation après une douche,…)
- Eviter de sécher du linge dans des locaux sans aération
- Couvrir les casseroles lors de la cuisson des aliments
- Ne pas utiliser d’humidificateurs
- Faire attention aux plantes domestiques, certaines produisent beaucoup de vapeur d’eau
- Eviter les appareils de chauffage sans extraction vers l’extérieur
- Solutionner les problèmes d’infiltration ou d’humidité ascensionnelle qui amènent beaucoup d’humidité.
Il faut ventiler, une aération intensive de quelques minutes ne suffit pas il faut une ventilation continue modérée!
3. La ventilation de base
Les principes d’une ventilation de base :
- Amenée d’air frais dans les locaux dits secs
- Extraction d’air pollué dans les locaux dits humides
- Transfert de l’air des locaux secs vers les locaux humides via des ouvertures de transfert
Le soufflage et la reprise peuvent être opérés soit de manière naturelle, soit de manière mécanique soit une combinaison des deux.
Le débit nominal de ventilation est de 3,6m3 par heure et par m2 de surface au sol.
La règle à retenir :
1 ouverture de 10 cm2 correspond à un débit de 3,6 m3/h pour une différence de pression de 2 Pa.
S’il y a plusieurs ouvertures de transfert dans un même local, les exigences s’appliquent à la somme des ouvertures.
Exigences (pour une différence de pression de 2 Pa) :
- cuisine : 50m3/h → 140cm2
- séjour, chambres, WC , salle de bains : 25 m3/h → 70cm2
Un peu de vocabulaire (selon la norme NBN D50-001) :
- Amenée d’air naturelle :
Placée dans une paroi extérieure ou au droit d’une fenêtre ou porte extérieure, son ouverture doit être réglable (manuellement ou automatiquement)
de manière continue via au moins 3 positions intermédiaires entre la position fermée et ouverte.
- Evacuation mécanique :
Les ouvertures d’évacuation d’air mécanique sont reliées par des conduits au ventilateur, elles sont conçues afin de pouvoir être réglées
une fois pour toutes par l’installateur afin d’assurer des débits d’évacuation exigés.
L’air extrait est rejeté à l’extérieur via un débouché en façade ou en toiture sans gêner les voisins.
- Evacuation naturelle :
Les ouvertures d’évacuation naturelle sont reliées à des conduits verticaux qui débouchent en toiture.
Cette ouverture doit pouvoir être réglée manuellement ou automatiquement (il faut 3 positions intermédiaires entre la position ouverte et fermée).
La vitesse de l’air dans ces conduits doit être inférieure à 1m/s ce qui nécessite 10 cm2 pour un débit de 3,6m3/h
Pour la cuisine, la salle de bains, il faut prévoir un conduit d’évacuation naturelle de 140cm2. Pour le WC de 70 cm2.
Le tracé doit être le plus vertical possible afin d’éviter d’importantes pertes de charge, il vaut mieux opter pour des conduits rigides.
Selon la norme le débouché en toiture doit se faire le plus près possible du faîte.
Les différents dispositifs de ventilation :
| Amenée/Evacuation |
Naturelle |
Mécanique |
| Naturelle |
Système A |
Système C |
| Mécanique |
Système B |
Système D |
4. La ventilation intensive
Dans certaines circonstances (augmentation importante de la température en été, fumeurs, peinture,..), les dispositifs de ventilation de base ne suffisent pas.
La norme exige la présence de fenêtres ouvrantes et/ou portes extérieures dans la cuisine, le living et les chambres. L’ouvrant doit être de au moins 0,6m2 jusqu’à 0,9m2.
Ces ouvertures de ventilation intensive ne font l’objet d’aucune exigence spécifique en matière de sécurité anti-effraction.
5. La hotte
La hotte de cuisine ne fait pas partie du système de ventilation de base.
Il faut éviter de choisir une hotte trop puissante car le débit d ‘extraction élevé entraînera une mise en dépression de la cuisine et donc le refoulement des appareils à cycle de combustion ouvert.
Le débit d’air extrait par la hotte devra être compensé par une amenée d’air équivalente, il faut également prévoir un conduit avec un diamètre suffisant (125mm minimum).
Les débits recommandés :
- Studio ou petit appartement : 150 à 200 m3/h
- Appartement avec cuisine fermée : 300 à 400 m3/h
- Cuisine ouverte : 400 à 500 m3/h
- Ilot de cuisson : 700m3/h
Le conseil est dans la mesure du possible d’utiliser des appareils étanches afin d’éviter toute interaction avec la hotte.
6. Caves et greniers
Norme en termes de ventilation naturelle :
- Si petites fenêtres il faut une section de minimum 140cm2
- Si grilles de ventilation il faut 50m3/h
- Si extraction mécanique il faut 25m3/h
Si les caves ou greniers sont très perméables à l’air extérieur, il n’y a pas d’exigence en termes de ventilation.
7. En conclusion
Nous allons de plus en plus vers des bâtiments étanches, il faut savoir que dans ce type de bâtiment la ventilation deviendra un poste consommateur en énergie.
Par exemple, dans une habitation (K55), une ventilation conforme à la norme représente 20% de la consommation totale de chauffage.
Bien évidemment dans un logement moins isolé, cette proportion diminue mais la consommation d’énergie pour le chauffage est très élevée.
Adapter les débits au taux de présence dans une pièce permet également de limiter les consommations.
A l’avenir, il sera donc important de veiller à :
→ Une bonne isolation thermique
→ Une bonne étanchéité à l’air
→ Un système de ventilation de type A, C ou D |
Voir aussi :
- Quel système de ventilation choisir?
- Exigences PEB (Performance Energétique des Bâtiments) pour la ventilation des logements
Sources :
- NIT 203, NIT 192
- La ventilation des logements, DGTRE
- Condensation et moisissures, DGTRE
- Energie +